- enrouer
- (an-rou-é) v. a.1° Causer l'enrouement. Le brouillard l'a enroué.2° S'enrouer, v. réfl. Être affecté d'enrouement. S'enrouer à force de parler.• Jamais docteur armé d'un argument frivole Ne s'enroua chez eux sur les bancs d'une école, BOILEAU Sat. VIII.• On rapporte que le poëte Livius Andronicus, qui jouait dans une de ses pièces, s'étant enroué à répéter plusieurs fois des endroits que le peuple avait goûtés, fit trouver bon qu'un esclave récitât les vers tandis qu'il ferait lui-même les gestes, CONDIL. Conn. hum. II, I, 4.Avec suppression du pronom personnel.• Non, non, tu n'iras point, ardent bénéficier, Faire enrouer pour toi Corbin ni le Mazier, BOILEAU Épît. II.XIIe s.• L'apostolies [le pape] tut suls le voleit maintenir, Ki bien cunut sa cause, mais nel poeit oïr : Car lur criz e lur noise l'orent fait enroïr, Th. le mart. 94.• Mais tant cria vers els, il vers lui altresi [aussi], Que tuz fu enroez de la noise e del cri, ib. 100.XIIIe s.• Tant ai crié à Dieu merci por le troblement, que touz sui enrouez, Psautier, f° 80.XVIe s.
Dictionnaire de la Langue Française d'Émile Littré. d'Émile Littré. 1872-1877.