léthargie

léthargie
(lé-tar-jie) s. f.
   État dans lequel on semble mort, étant sans haleine et sans pouls. Être en léthargie. Tomber en léthargie.
   Il faut donc que mon mal m'ait ôté la mémoire, Et c'est ma léthargie ? - Oui, c'est elle en effet, REGNARD Légat. V, 7.
   De tout ce préambule et de cette légende, S'il m'en souvient d'un mot, je veux bien qu'on me pende. - C'est votre léthargie, REGNARD ib..
   Oh ! je veux sur ce point Qu'on me fasse raison, quelles friponneries ! Je suis las, à la fin, de tant de léthargies, REGNARD ib..
   Terme de médecine. Sommeil profond et continuel dans lequel le malade parle quand on le réveille, mais ne sait ce qu'il dit, oublie ce qu'il a dit, et retombe promptement dans son premier état.
   Fig. Nonchalance apathique, comparée au mal de la léthargie.
   Ces dispositions et ces humeurs dont nous venons de parler, cette fièvre chaude de rébellion, cette léthargie de servitude viennent de plus haut qu'on ne s'imagine, BALZAC Socrate chrétien, Discours 8e.
   Mademoiselle, faisant un effort sur l'esprit de Monsieur son frère, le tira de la léthargie où le tenait le cardinal de Retz, LAROCH. Mém. 264.
   Ces émotions sont nécessaires de temps en temps à la campagne ; sans cela on oublierait aisément qu'on a une âme ; le repos y est si grand qu'il vise à la léthargie, SÉV. Lett. à Bussy, 12 juill. 1690.
   Adieu, monsieur, vous aviez bien mauvaise opinion de mon amitié.... je suis affligée qu'on m'ait laissée si négligemment dans cette léthargie, SÉV. Lett. à Guitaut, Mardi gras, 1680.
   Ma fille ne comprend pas qu'ayant de la santé, vous n'ayez point eu la pensée de nous venir voir.... j'ai beau lui représenter que nous n'en sommes pas là, et que sans moi vous seriez encore dans votre léthargie ; il n'importe, elle veut que je vous en fasse la proposition, SÉV. Lett. à Moulceau, 29 juin 1695.
   Les aveuglements, les léthargies pour ne point agir, la paresse, l'amour d'être chez soi, SÉV. 23 oct. 1680.
   Vouloir assurer les choses humaines plus que leur nature ne le permet, c'est une faiblesse qui fait tomber non-seulement dans la léthargie et dans l'engourdissement, mais encore dans le désespoir, BOSSUET Polit. X, IV, 1.
   Il y a loin, pour un prêtre, de la conviction à la componction ; on contracte, dans le long usage des choses saintes, je ne sais quelle affreuse léthargie que rien ne peut plus échauffer ni réveiller, MASS. Confér. Vocat. 1.
   Martin conclut que l'homme était fait pour vivre dans les convulsions de l'inquiétude, ou dans la léthargie de l'ennui, VOLT. Candide, 30.
   XIIIe s.
   Si come cil qui dort en letardie, Dont nus [nul] ne puet esveiller le corage, Hist. litt. de la France, t. XXIII, p. 705.
   XVe s.
   Roy, qui te fiert ? car le devise [devine-le], Tu es, je crois, en lestardie, Ou ta char est acouardie, la Passion de J. C. Estourdy.
   estonny et comme en litargie, A. CHART. l'Espérance ou consol. des 3 vertus.
   Provenç. litargia, litarguia ; ital. letargia, du grec (voy. léthargus).

Dictionnaire de la Langue Française d'Émile Littré. . 1872-1877.

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  • Lethargīe — (lat. lethargus, vom griech. letbe, das Vergessen), eine Art der Schlafsucht (s. d.), die in einem anhaltenden, tiefen Schlaf besteht, aus dem der Kranke nur schwer erweckt werden kann, und in den er, sich selbst überlassen, sofort wieder… …   Meyers Großes Konversations-Lexikon

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  • Lethargie — (lethargus). hoher Grad von Schlafsucht, wobei der Kranke schwer zu erwecken ist, und nach dem Erwecken sogleich, ohne zu voller Besinnung zu kommen, wieder in seinen Schlaf verfällt. Sie zeigt sich besonders bei Gehirnkrankheiten, Nervenfiebern …   Herders Conversations-Lexikon

  • Lethargie — »krankheitsbedingte Schlafsucht (Medizin); Trägheit, Gleichgültigkeit, Teilnahms , Interesselosigkeit«: Das Wort wurde als Krankheitsbezeichnung im 16. Jh. aus gleichbed. griech. lat. lēthargía entlehnt, wurde aber erst im 18. Jh. allgemein… …   Das Herkunftswörterbuch

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