- pic
- pic 1.(pik) s. m.1° Instrument de fer courbé, pointu, à long manche, dont on se sert pour casser des fragments de rocher ou pour ouvrir la terre.• Prends ton pic, et me romps ce caillou qui te nuit, LA FONT. Fabl. VI, 18.2° Morceau de fer pointu avec lequel on attise le feu de charbon de terre.3° Terme de verrerie. Petit crochet de fer, pour diriger, par de petits coups donnés à propos, les cassures qui surviennent au bonnet du manchon.4° Terme de passementerie. Petit ouvrage de cartisane, en forme de carré dont les angles sont émoussés.5° Terme de marine. Extrémité de la vergue d'artimon.XIIe s.• Il fait creuser souz terre à pic et à martel, Sax. IX.XIVe s.• Et puis viennent au mur li bon mineur de pris, Qui pour les murs percer feroient [frappaient] de leurs pis, Guesclin. 11218.XVIe s.• ... s'exerçoit à la hasche, laquelle tant bien croulloyt, tant verdement de tous picz [coups de pointe] resserroyt, que...., RAB. Garg. I, 23.Berry, pi ; prov. pic ; esp. pico ; ital. piccone. Le mot paraît d'origine celtique : bas-breton, pik ; gaél. pic ; kimry, pig, pointe.————————pic 2.(pik) s. m.1° Pointe de montagne.• La plupart des îles de l'Océan indien ne nous présentent que des pics et des sommets isolés qui vomissent le feu, BUFF. Add. théor. terr. Oeuv. t. XIII, p. 113.• Je voyais le Mont-Rose composé d'une suite non interrompue de pics gigantesques, presque égaux entre eux, SAUSSURE Voy. Alpes, t. VIII, p. 54, dans POUGENS.2° Se dit de certaines montagnes très hautes. Le pic du Midi. Le pic de Ténériffe.3° À pic, loc. adv. Verticalement.• Le mont Brezon, dont la cime a des couches taillées à pic et presque verticales, SAUSSURE Voy. Alp. t. I, p. 336.4° Terme de marine. à pic, perpendiculairement. Un bâtiment est à pic sur son ancre, quand le câble de l'ancre est tendu verticalement.À long pic, position d'un navire qui, en levant une ancre mouillée à l'avant, est arrivé au-dessus de cette ancre, de manière que le câble est vertical. Être à long pic.Le vent est à pic, quand le pannon est pendant, le plus léger souffle de vent ne venant point l'agiter.XVIe s.• Clermont, voiant ce passe-temps, fit tenir l'ancre à pic, esperant que Lansac, poursuivant ce marchand, viendroit au combat, D'AUB. Hist. II, 294.• La coste à pic ou en pic, COTGRAVE .Ainsi dit à cause de la ressemblance avec le pic, instrument ; prov. pic ; ital. picco.————————pic 3.(pik) s. m.Genre d'oiseaux insectivores, qui fait une famille dans l'ordre des passereaux zygodactyles ; on distingue le pic vert, dit vulgairement le pivert, picus viridis, L.• Le pic, assujetti à une tâche pénible, ne peut trouver sa nourriture qu'en perçant les écorces et la fibre dure des arbres qui la recèlent, BUFF. Ois. t. XIII, p. 3.• Le pic ne serait pas l'idéal du travailleur, s'il n'était calomnié et persécuté, MICHELET l'Oiseau..Le pic à bec d'ivoire, picus principalis ; le pic épeiche ou grande épeiche, picus major, L. ; le pic mar, picus medius, L.{{}}; le pic épeichette, <
L. Le pic maçon, la sittelle touchepot.Lat. picus, que Benfey rapproche du sanscr. pika, coucou, du grec signifiant, nom de plusieurs oiseaux gazouillants, et par conséquent de l'all. Specht, pic (la chute de l's initiale étant fréquente).————————pic 4.(pik) s. m.Terme de jeu de piquet. Coup où celui qui joue, arrivant à compter trente sans que l'autre ait rien compté, passe de trente à soixante.• Il ne m'en faut que deux [points], l'autre a besoin d'un pic, MOL. Fâch. II, 2.• Après une suite traîtresse De pics, de repics, de capots, BÉRANG. Enf. de bonne maison..Faire pic et repic, voy. repic.Pic 1, dans le sens de coup, comme à l'historique de ce mot.————————pic 5.(pik) s. m.Nom d'une mesure de longueur, en usage dans toutes les échelles du Levant, et contenant deux pieds deux pouces deux lignes, c'est-à-dire 3/5 de l'aune de Paris.
Dictionnaire de la Langue Française d'Émile Littré. d'Émile Littré. 1872-1877.