- grogner
- (gro-gné) v. n.1° Il se dit du cri du cochon.• Le petit monstre [le fils de la fée Dentue].... se mit à grogner comme un cochon de ce qu'elle [Fleur d'Épine] avait la hardiesse de rebuter ses familiarités, HAMILTON Hist. de Fleur d'Épine..2° Fig. et familièrement. Murmurer, témoigner son mécontentement par un bruit sourd.• Et la muse en grognant lui défend sa fontaine, RÉGNIER Sat. II.• Ce nouvel Égiste grognait toujours quand il me voyait entrer chez sa dame, J. J. ROUSS. Confess. II.3° V. q. Populairement. Gronder quelqu'un. Il ne fait que me grogner.V. réfl. Ils sont toujours à se grogner.XIIe s.• Queque li felun l'unt feru e detrenchié, E del ferir se sunt durement esforcié, N'aveit brait ne groni, ne crié ne huchié, Th. le mart. 150.XIIIe s.• R est une lettre qui graigne : Quant li gaignons [le chien] veut ronger l'os, S'uns autres chiens lui veut reprendre, Sans R ne lui veut defendre, SENEFIANCE de l'ABC, dans JUB. t. II, p. 283.XVe s.• Quant mon fait cuide avancer, Je suis à recommancer ; Fortune tousjours me groingne, CH. D'ORL. Rond..XVIe s.Berry, greugner ; bourguig. grongnai ; wallon, grognî ; provenç. gronhir, gronir ; catal. grunyir ; espagn. gruñir ; portug. grunhir ; ital. grugnire et grugnare ; du latin grunnire ; comp. l'anc. h. allem. grunnî, angl. groan, et le kimry grwn. La forme régulière est grunir qui se disait dans le XIIe siècle ; <
Dictionnaire de la Langue Française d'Émile Littré. d'Émile Littré. 1872-1877.